L’évolution de la paroisse

Rivière-Salée, pendant tout le XVIIIe siècle, est une paroisse plutôt modeste dont on parle très peu.Un évènement va pourtant la faire entrer dans l’his- toire, car il jettera l’émoi dans toute la colonie.
On avait en effet pour habitude d’enterrer dans les églises surtout les bienfaiteurs. Cette coutume n’était pas sans danger, car les morts étaient enterrés sous le banc de la famille sou- vent à faible profondeur, il s’ensuivait donc des risques d’épidémie.Aussi en 1753,le gouvernement prit la décision suivante : « Étant très dangereux dans les pays chauds d’enterrer les corps morts dans les églises qui sont petites, où il n’y a point de caveaux dans lesquelles on ne peut creuser, il serait nécessaire, pour éviter les inconvénients qui résultent de l’odeur cadavérique des corps nouvellement enterrés et les risques de contagion – défendant d’enterrer dans les églises toute personnes de quelque qualité et condition qu’elles soient ».
Le père Jean Joseph curé de la paroisse, trois ans plus tard, passa outre à cette défense et enterra à l’intérieur de l’église un de ses paroissiens, le sieur Pinel Saint Lambert. Il fut condamné à se présenter devant le Conseil pour répondre de son acte. Mais le préfet apostolique des Capucins estima qu’une telle humiliation porterait atteinte à l’autorité de sa congrégation à la Martinique. Il déplaça le père Jean Joseph et la paroisse resta six mois sans curé. Elle fut desservie plus tard par le curé des Trois-Ilets.
La paroisse de Rivière-Salée, pendant tout le XVIIIe siècle, est plutôt pauvre. Les paroissiens s’en désintéressent- ils ? Le préfet apostolique constate en 1787 : « L’église de Rivière-Salée est mal entretenue, il n’y a ni fronts baptismaux, ni boîtes pour les saintes huiles,ni livres pour l’office, ni presque aucun ornement, ni linge en état de service ».

Champs de cannes en martinique - photos anciennes
Le travail dans les champs de cannes

Comme dans toute la colonie, l’économie de la paroisse à cette période est dominée par l’activité cannière.
La canne est omniprésente, elle occupe non seulement la plaine alluviale mais grimpe sur les versants de certains mornes.

Usine de Rivière-Salée (Petit-Bourg)
Usine de Rivière-Salée (Petit-Bourg)

Seize sucreries sont dispersées sur le territoire de la paroisse.
Le café vient en seconde position, il occupe les mornes qui bénéficient de micro- climats frais.
La paroisse compte cinq caféières.  Le point le plus élevé, le plus arrosé, d’où l’on découvre un superbe panorama ne s’appelle-t-il pas « Caféière » ?
Les cultures vivrières destinées à la nourriture de la population – esclaves et maître – occupent aussi les mornes. L’élevage des bœufs, mulets, chevaux, instruments indispensables de transports occupent une place non négligeable.

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