Présentation du costume traditionnel aux Antilles

Nous commencerons notre voyage dans le temps en 1848. La date 1848 nous assure un repère historique fiable. C’est également une période intense qui comporte sa part de souffrance et d’espoir. En effet, les traces iconographiques antérieures à cette date sont le plus souvent des gravures, des peintures qui ne peuvent constituer à elles seules des textes historiques1. Or, pour rechercher les costumes d’antan, rien ne vaut u ne image…
La première fois que nous découvrons une robe à corps c’est dans une représentation de l’inauguration de la statue de l’impératrice Joséphine en avril 1859.
A cette époque et d’après les écrits, on ne portait pas que la robe à corps, mais aussi la jupe-chemise, la gaule (tenue d’intérieur appelée wòb-di-chanm).

IMPORTANT : De nos jours, une appellation impropre attribue le terme « robe grand-mère » à la robe à corps. Il convient de rétablir les termes exacts : wòb ti-do ou wòb-a-kò ou gwanwòb.

Source : ABIYÉ – Extrait de travaux de recherche présenté par Mme Yvelise GROS-DUBOIS Maître-formateur honoraire. Téléchargez le document ici.

1 .1. La tenue de tous les jours

La robe douillette ou wòb ti-do ou wòb-a-kò ou gwanwòb.
Cette robe est nommée « à corps », car elle tient bien au corps comme un corset. Ample devant, elle peut être portée en toutes circonstances, notamment par la femme enceinte.
Il faut 9 à 10 mètres de tissu pour la réaliser. Le dos est ajusté, ne descend pas à la taille, d’où le terme petit dos. L’effet de corset est rendu par l’ensemble des plis, les cordons intérieurs et le petit bourrelet, la mahoulette.

Elle se décline en « colinette », robe « ti-collet », portée en particulier par les jeunes filles.

Costume traditionnel - Silver Parade - Martinique

Les tenues d’apparat :

* La jupe-chemise : est composée comme son nom l’indique, d’une jupe et d’une chemise.
La chemise est confectionnée dans une batiste très fine garnie de dentelles, de plis avec des manches qui s’arrêtent aux coudes. Elle est boutonnée par des boutons en or.
La jupe très ample et très large par derrière avec une queue et nouée jusqu’au-dessus des seins.

* La robe à corps : C’est la quantité et la richesse du tissu utilisé qui la différencie de la robe de tous les j ours. Il s’agit de satin, de satin broché, satinette, taffetas, brocart.
Le jupon : en faille, en taffetas avec des volants plissés, superposés ou b rodés ; en dentelle chantilly.
Le foulard : est assorti au jupon. Dans les années 30, apparaît la visite, sorte d e cape qui remplace le foulard.

Les grandes périodes du costume :

– De 1848 à 1930 : mise en place du costume.
– De 1930 à 1950 : Déclin progressif (elle est de moins en moins portée).
– De 1950 à 1960 : période doudouiste ; le costume antillais est « folklorique » (groupes La Brisquante, Acacia, Balisier…)
– De 1960 à nos jours : revendications identitaires qui donne sa place au costume « créole » qui réintègre le patrimoine culturel ; au point de devenir un sujet de recherche pour les historiens, et une source d’inspiration pour les stylistes.
La grand-robe prend le pas sur la jupe-chemise dès la fin du 19ème (1880) à nos jours.
Tous ces costumes étaient agrémentés d’une coiffe en madras spécifique (tenue d’apparat avec la « tête calendé » ou avec une chaudière…)

De nos jours, de nombreux modèles crées par les stylistes Guadeloupéens s’inspirent de la robe traditionnelle en utilisant des matières modernes (viscose, polyester, etc…). Cependant, afin de ne pas créer de confusion, il serait souhaitable de bien faire la distinction entre la robe à corps et celles qui s’en sont inspirées ; ce serait le garant de la préservation de l’authenticité du costume traditionnel antillais.

2. Présentation du costume traditionnel masculin.

De 1848 à nos jours : le costume d’homme a peu évolué.
Les vêtements des hommes, inspirés de la mode européenne, ne diffèrent qu’en fonction du milieu social.

Les patrons, les professions libérales, les employés de commerce (blancs, mulâtres, noirs) portent :
– Tous les jours, le complet veston blanc en toile de lin ou en drill, accompagné du casque colonial ou du panama ou du « mossant » (sorte de feutre mou).
– Les jours de fête, le complet veston noir, en drap ou en laine, avec revers en soie, chemise blanche, « lavallière » (sorte de cravate), chaussures vernis noires, canne à pommeau d’argent ou parapluie noir.
– Pour les grandes cérémonies, le costume « queue de pie » appelé « queue de morue ».
– La tenue d’intérieur, les « chinoises » et les « mauresques »larges pantalons amples et larges blouses

Les dockers, les travailleurs occasionnels (« gyobè ») sont en culotte trois/quart, torse nu, chapeau « bakoua ».
Les ouvriers agricoles, d’usine portent : le « dicament », chemise large en grosse toile à col droit et large pantalon retenu à la taille par une ficelle, un chapeau.
Pour les plus démunis :
– Tous les jours des vêtements déchirés, harde, guenilles.
– Les dimanche et jours de fêtes, le costume.

Le commandeur sur l’habitation complet de drill blanc ou kaki, chemise à manches longues, casque, parapluie vert et bottes de cuir.

 

Autres sources bibliographiques (non exhaustives) qui vous permettront d’approfondir vos connaissances sur le sujet :

  • – L-R Abenon, D. Begot et coll : Relire l’histoire et la géographie de l’espace caribéen, Hachette éduction (2001)
  • – Hartmann et Cazabon, Album martiniquais Ed Ciceri (1880)
  • – L-R. Beuze, Costumes de femmes, conseil régional de La Martinique (1989)
  • – L-R. Beuze et L. Hayot, Costumes créoles, Ed Fabres Domergues (1999)
    Club Soroptimist de Basse-Terre, Costumes et bijoux créoles, regard sur le passé, région Guadeloupe et ville de Basse-Terre (1994)
  • – M-Th Lung Fou – Guide pratique de la femme Antillaise
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