Les oiseaux de Rivière-Salée

Euplecte en parade à Rivière-Salée - Martinique - © photo Pierre Courtinard

Point de passage des oiseaux migrateurs, Rivière-Salée est aussi connue pour la richesse de sa faune sédentaire.
A l’exception de certaines espèces très spécifiques du Nord de l’île, comme le siffleur des montagnes, toutes les autres se retrouvent dans les petites plaines ou les hauteurs boisées de la commune.

Le plus petit de nos oiseaux est le Colibri qui est le seul à pouvoir butiner sur place.

Nid de Colibri à Rivière-Salée - © photo Pierre Courtinard
Nid de Colibri à Rivière-Salée – © photo Pierre Courtinard

 

Oeufs Colibri à Rivière-Salée - © photo Pierre Courtinard
Oeufs Colibri à Rivière-Salée – © photo Pierre Courtinard

 

Colibri huppé - Rivière-Salée - Martinique © photo Pierre Courtinard
Colibri huppé © photo Pierre Courtinard

 

Dans la même famille, on trouve le Madère ou folle rouge, les folles vertes et les têtes bleues.

Très proche des Colibris sont les sucriers qui se distinguent par leur plumage jaune et noir, mais qui se nourrissent de la même manière sans pour autant en imiter le vol.

Les Pipiris ou grives d’hivernage, les Gros becs, les cicis, les moissons et autres grives moqueuses, se rencontrent dans nos savanes où l’on trouve en abondance insectes et graines arbustives.

Plus rare le gangan dont le chant fait aussitôt penser à la pluie.
Ne dit-on pas que ce parasite qui pond dans les nids abandonnés ne se désaltère que sur les feuilles des arbres après une forte averse ?

Le plus connu de tous est sans aucun doute le merle ou françois dont le mâle au plumage noir rappelle le célèbre corbeau. On le rencontre partout et surtout aux abords des lieux d’habitation où il découvre facilement sa nourriture.

Depuis 1947, une espèce plus petite est apparue, c’est le merle de Sainte-Lucie, véritable parasite qui utilise le nid des didines et carouges qu’il vide de son contenu pour y pondre ses œufs. Quel dommage pour les carouges qui ont la flatteuse réputation de signaler la présence dans les arbres du dangereux trigonocéphale !
Les tourterelles et ortolans si recherchés par les chasseurs recommencent à égayer nos poiriers depuis qu’une réglementation spécifique a été mise en place pour les protéger. La perdrix rouge existe encore mais ne se rencontre plus guère que dans les forêts de Guinée et de Massy.

Chaque année, à la période de la migration, les marais et la mangrove se peuplent d’échassiers de toutes tailles, depuis le minuscule ricuit que l’on retrouve parfois solitaire au bord des cours d’eau, jusqu’au grand crabier en passant par les pattes jaunes, chevaliers pieds verts, ailes blanches, becs crochues, clins, bécassines, grives au long bec auxquels viennent se joindre sarcelles, pluviers, poules vergennes.

Depuis quelques années, une espèce de héron, l’aigrette blanche appelée aussi Pique-bœufs s’est installée à résidence sur toute l’île et apporte une collaboration précieuse aux éleveurs en participant à la destruction des tiques du bétail.

De temps en temps, la région connaît une invasion provisoire de canards et de sarcelles, mais les chasseurs aussitôt alertés ont vite fait de les décimer, éloignant les rescapés pour des années d’un pays si peu hospitalier.

Apparemment bien fournie, la faune de Rivière-Salée est en réalité en très nette diminution par rapport à ce qu’elle était, il y a vingt ans. La chasse intensive, le déboisement, l’utilisation de pesticides ont fortement contribué à cette dégradation et il faut souhaiter qu’un juste équilibre soit trouvé entre les besoins de développement de la région et la sauvegarde de la faune et de son environnement.

Euplecte rouge à Rivière-Salée - Martinique - © photo Pierre Courtinard
Euplecte rouge à Rivière-Salée – Martinique – © photo Pierre Courtinard

 

Euplecte en parade à Rivière-Salée - Martinique - © photo Pierre Courtinard
Euplecte en parade à Rivière-Salée – Martinique – © photo Pierre Courtinard

 

Euplecte en vol à Rivière-Salée - Martinique - © photo Pierre Courtinard
Euplecte en vol à Rivière-Salée – Martinique – © photo Pierre Courtinard

 

Euplecte en chasse - Martinique - © photo Pierre Courtinard
Euplecte en chasse © photo Pierre Courtinard

 


A consulter pour mieux connaitre la faune et la flore de Rivière-Salée.

Plaine sucrée, rivière salée - Pierre Courtinard

La mangrove

Images aériennes de la mangrove - Rivière-Salée

La nature a été profondément transformée depuis le début de la colonisation : défrichements, constructions ont fait disparaître les bois et forêts qui, sans nul doute, occupaient la région. Ils ont été remplacés par des champs de canne à sucre et une savane piquée de quelques arbres isolés ou de bosquets, et devenue terre d’élevage bovin, un élevage extensif surtout.

Dans les hauteurs subsistent quelques massifs boisés aux essences variées campêches, bois d’Inde, poiriers, acajous, mapou blanc, bambous croissant surtout le long des cours d’eau.
La partie sud-ouest de la commune porte une végétation composée d’épineux et de petits baumes liée à la nature du sol (pouzollane).

La mangrove, une présence essentielle

Mais la formation végétale la plus importante est la mangrove, cette forêt inondée qui se situe entre la poterie des Trois Ilets et l’aéroport du Lamentin. Elle n’a pas toujours eu bonne presse car, de tous les éléments constitutifs du littoral, c’est elle qui a toujours semblé le plus repoussant. N’est-elle pas, dit-on, source de moustiques ?

Pourtant, du point de vue écologique et économique, la mangrove a un rôle considérable sur l’environnement.

Comment se présente telle ?

A – Une zone annexe se trouve en amont de la mangrove : c’est le lagon, milieu essentiellement aquatique, de salinité moyenne 32 à 35 % dont la température moyenne est de 25 à 29°.
Les échanges d’eau entre lagon et mangrove se font par des canaux artificiels.

Images aériennes de la mangrove - Rivière-Salée
Images aériennes de la mangrove – Rivière-Salée

 

B – Puis une zone de bord de mer à mangle rouge ou palétuvier rouge. C’est une zone constamment inondée et en contact avec le lagon. C’est un milieu peu profond 0,5 m à 1 m.
Le palétuvier rouge ou Rhizophara peut atteindre 15 mètres de haut. Ses branches sont multiples, inclinées vers l’eau ; ses feuilles sont charnues et coriaces ; ses racines “échasses” qui s’arc-boutent, contribuent à sa stabilité.

Rivière-Salée - Commune de Martinique - mangrove
Dans la mangrove de Rivière-Salée.

C’est une plante vivipare. Dès que le fruit est arrivé à mâturité, il germe littérallement sur pied, la radicule en perce le sommet, s’allonge peu à peu jusqu’à atteindre 30 cm et forme une. véritable fléchette ; celle-ci, entraînée par son poids se détache de la capsule de base et s’enfonce verticalement dans la vase environnante après sa chute.

C- Une zone intérieure à mangle blanc.
C’est une zone forestière inondée périodiquement.
Le mangle blanc ou Avicennia est un arbre qui n’atteint guère que 7 ou C mètres de hauteur. Les branches sont touffues avec des feuilles coriaces. Les Avicennia ont des racines fasciculées qui pénètrent à peu de profondeur dans la vase, mais fait le plus curieux est la présence d’une multitude de pneumatophares qui émergent de partout : ce sont de véritables racines qui assurent un role respiratoire.
Comme la forêt à mangle banc est très dense, c’est en fait, la surface totale du sol qui est hérissée de pneumatophares.

D – L’arrière mangrove.
L’arrière-mangrove est une partie terrestre en général non inondée par une végétation sèche : campêche, olivier, bord de mer, poirier.

Le rôle des mangroves

La mangrove est vie, en tant qu’espace boisé, elle assure une fonction chlorophylienne purificatrice de l’air mais encore, elle prévient l’érosion marine et garantit une protection physique de l’espace. Les racines aériennes enchevêtrées retiennent et fixent les alluvions charriées par les crues d’hivernage et comblent petit à petit les terres inondées qui d’année en année gagnent sur la mer et augmentent la superficie du sol. Elle peut avancer de 1 m à 8 mètres par an.

La mangrove abrite une faune riche et variée. On y dénombre 85 espèces d’oiseaux dont 43 migratrices.

Plus d’une soixantaine d’espèces de poissons y trouvent protection et nourriture dans ses eaux riches en matières organiques.

Crabe Maya sous l'eau - Rivière-Salée - Martinique © photo Pierre Courtinard
Crabe Maya sous l’eau © photo Pierre Courtinard

 

On trouve dans les vases à palétuviers et les racines des mangles rouges des lambis, des crabes, les langoustes, des huîtres, des palourdes.
La mangrove est en quelque sorte le premier maillon de la chaîne alimentaire marine Elle conditionne l’existence de nombreuses espèces (poissons, crustacés).
L’éclosion des oeufs de langoustes, ciriques… a lieu dans la mangrove.
Les larves y séjournent un certain temps pendant lequel elles subissent plusieurs mues. Les juvéniles migrent ensuite vers le large.

Rivière-Salée - Commune de Martinique - Crabes de mangrove
Faune dans la mangrove de Rivière-Salée.

 

La mangrove joue donc un rôle de nurserie très important pour beaucoup d’espèces marines.

Pour en savoir plus

Notre mangrove se visite !

mangrove de rivière-salée
Visiter la mangrove

 

Vivre à Rivière-Salée - Mairie de Rivière-Salée
Visiter la mangrove en kayak. Photo : Rio le château / Mairie de Rivière-Salée

A consulter pour mieux connaître la mangrove.

Mangrove Aventures et Découvertes - P. Courtinard.
Mangrove Aventures et Découvertes – P. Courtinard.

 

Curage de la rivière salée

Voir aussi le reportage photo “curage de la rivière salée” en cliquant ici.

Le pont Bac

Le pont Bac à Rivière-Salée - Mairie de Rivière-Salée

Construit en métal, le pont bac n’est plus utilisé, le lit de la Rivière Salée ayant été détourné afin d’éviter les inondations saisonnières qui perturbaient la circulation.

L’Œuvre architecturale fait désormais partie du patrimoine culturel et historique de la commune. Une réhabilitation du pont bac est inscrite au programme des projets de la municipalité.

le pont bac à rivière-salée
Le pont Bac – Carte de voeux Mairie de Rivière-Salée (2015)

Le bac

Le débarcadère de Rivière-Salée (archive)

Marchands ambulants, porteuses, voyageurs, tous ceux qui doivent fournir la Rivière-Salée pour aller de Petit Bourg à Grand Bourg ou inversement, empruntent un bac.
Plus tard, un pont sera construit, le pont Bac surélevé pour faciliter le passage des chalands ou gabarres transportant le sucre des usines vers les cargos sucriers de la baie.
Si actuellement il n’est plus utilisé, il demeure malgré tout une œuvre d’art, élément du patrimoine de la commune.

Le pont Bac à Rivière-Salée - Mairie de Rivière-Salée
Le pont Bac à Rivière-Salée – Mairie de Rivière-Salée

 

Jusqu’à la fin du siècle, cette embarcation était la seule possibilité de franchir ce cours d’eau, qui séparait la commune. Tous ceux qui souhaitaient se rendre de Petit-Bourg vers Grand Bourg et inversement, devaient emprunter le bac moyennant un droit de péage. Ce moyen de locomotion servait au transport de marchandises, voyageurs à pied ou à cheval.
Au début du xxe siècle, un pont fut construit très haut en remplacement du bac, permettant la circulation alternée de véhicules.
Plus moderne, il permettait sous son tablier, le passage des gabares chargées de marchandises, ainsi que les “yachts” qui transportaient les passagers de toutes les communes du sud vers Fort-de-France.
Le bruit particulier que faisaient les voitures lors de leur passage sur les lattes de bois du tablier du pont, retentit encore dans la mémoire des automobilistes.

Source : P. Courtinard. “Plaine sucrée, rivière salée”. PCP Editions.

Les usines de Rivière-Salée

Usine de Rivière-Salée (Petit-Bourg)

Usine de Rivière-Salée

Jusqu’au début des années 1960, les deux usines de Rivière Salée et Petit-Bourg étaient les plus productrices de l’île. Mais après avoir vécu des heures de gloire à la Martinique, la canne connaît depuis 1960 une crise profonde : en vingt ans, toutes les usines à sucre ont fermé. Aujourd’hui, seule subsiste l’usine du Galion à Trinité qui continue à fabriquer du sucre et du rhum pour la consommation locale.

Il n’y a plus d’usine et de distillerie sur le territoire de la commune de Rivière Salée. L’activité cannière reste cependant assez importante. Sa plaine demeure en 2006, la deuxième surface plantée en canne à sucre en Martinique après la commune du Lamentin.

Source : Pierre COURTINARD. “Ravine Sucrée, Rivière Salée”. PCP Editions

Voir aussi nos photos d’archives

Alex Deslances

Deslance Alextif - Mairie de Rivière-Salée

8e Adjoint – Délégué à l’urbanisme, à la politique foncière et à l’affichage

 

Mettre en oeuvre le projet d’écotourisme et œuvrer à la protection de notre mangrove

Qu’est qu’une mangrove ?
La mangrove est une forêt tropicale située à l’interface de la terre et de la mer.
Elle prend naissance sur les côtes baignées d’eaux chaudes et abritées de la houle.

Il est impératif que le maximum de martiniquais et de visiteurs soient informés et responsabilisés sur ce sujet. Les bénéfices collectifs que nous en tirerons sont multiples.

Pourquoi nous voulons créer une maison de la mangrove?
C’est un projet touristique remarquable et impératif pour :

  • Nous familiariser avec notre mangrove.
  • Nous l’ approprier
  • La valoriser
  • La protéger.
  • La défendre.

Riviere-Salée dit-on, possède un joyau dans un écrin, et c’est vrai. Un seul mot d’ordre pour nous les Saléens : ne touche pas à ma mangrove

Dans cette maison de la mangrove que va-t-on expliquer aux visiteurs ?
La mangrove dispose de réservoirs de biodiversité exceptionnels

Quels sont les réservoirs de biodiversité dont dispose la mangrove ?
Réservoir de biodiversité pour les oiseaux :
Notre mangrove est non seulement un espace propice aux parades amoureuses des oiseaux qui s’y produisent, mais aussi une couveuse exceptionnelle et un site nourricier pour le bon développement des oisillons, sans oublier que notre mangrove est une étape nécessaire pour les nombreux oiseaux migrateurs.
Réservoir de biodiversité pour les invertébrés :
Les mollusques, les éponges trouvent leur habitat, grâce au développement d’un substrat vaseux…
Réservoir de biodiversité pour les poissons.
Notre mangrove est aussi un véritable abri ou grandissent les juvéniles de poissons protégés des prédateurs…
Sans oublier : la faune, la flore et les écosystèmes.
Les milieux naturels qui se caractérisent par leur importante diversité dans notre cadre insulaire tropical
Une exceptionnelle richesse d’espèces avec un taux d’endémisme élevée dont certaines sont menacées si nous ne réagissons pas.

Notre mangrove est-elle une protection pour nous ?
Oui.
Elle nous protège des houles et limite la gravité des dégâts si cela venait a se produire.
C’est donc un véritable bouclier qui protège nos installations humaines des assauts de la mer et des tsunami quelle contribue a freiner.
La mangrove de Rivière-Salée est la plus grande et la plus riche de la Martinique.

Ce projet d’écotourisme permettra la création de chantier d’insertion, la mise en valeur des compétences de nos jeunes, (construction de caillebotis, d’embarcations électriques) renforcera l’attractivité de notre commune, boostera la fréquentation de nos restaurants et de nos commerces, et certainement de fortes possibilités de mise en valeur d’idées nouvelles.

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